Après cinq ans ou plus aux Émirats, le retour en France peut s'organiser autour du régime des impatriés : package négocié avant signature, portefeuille émirien exonéré à 50 %, IFI limité aux biens français — et, pour ceux qui avaient un sursis d'exit tax, un dégrèvement à la clé. Le mode d'emploi GEOTAX.
Un cadre ou un dirigeant s'est installé aux Émirats en 2019 ou 2020 — souvent accompagné par GEOTAX au départ, avec un dossier exit tax et une résidence fiscale émirienne soigneusement construits. Six ans plus tard, le groupe lui propose un poste à Paris, ou une entreprise française le recrute. La question n'est plus « comment partir » mais « comment rentrer » — et le retour, comme le départ, se joue avant la signature.
Bien préparé, ce retour combine : le régime des impatriés (art. 155 B du CGI) sur les salaires et le patrimoine mobilier, l'IFI limité aux biens français pendant cinq ans, et — pour ceux qui avaient quitté la France avec un sursis d'exit tax — le dégrèvement de l'impôt en sursis.
Première condition : ne pas avoir été résident fiscal de France au cours des cinq années civiles précédant celle de la prise de fonctions. Un départ effectif mi-2020 permet ainsi une prise de fonctions éligible dès janvier 2026. Les justificatifs accumulés aux Émirats prennent ici toute leur valeur : Tax Residency Certificates (TRC) annuels, visa de résidence, contrats de bail, relevés Ejari, factures DEWA, tampons d'entrées-sorties. La même logique documentaire qui protégeait contre une requalification de résidence sert désormais à prouver l'éligibilité au régime des impatriés.
Deuxième condition : être recruté ou muté depuis Dubaï, avant l'installation en France. Deux canaux (détail sur la page éligibilité) :
Rentrer d'abord, chercher un emploi ensuite : ce scénario exclut le régime — l'intéressé est venu de sa propre initiative ou était déjà domicilié en France lors du recrutement. Si le retour familial presse (rentrée scolaire), la tolérance d'installation du foyer (jusqu'à la fin de l'année suivant la prise de fonctions) offre une marge : le salarié peut prendre ses fonctions après sa famille, tant que le contrat a été conclu alors qu'il était encore domicilié aux EAU et que la chronologie est documentée. Montage à manier avec précaution et preuves à l'appui.
La France et les Émirats sont liés par la convention fiscale du 19 juillet 1989 (complétée par l'avenant de 1993). Pour le retour, trois apports :
Pendant toute la durée du régime (jusqu'au 31 décembre de la 8e année suivant la prise de fonctions), les revenus de capitaux mobiliers payés par un établissement établi aux Émirats et les plus-values de cession de titres déposés auprès d'un dépositaire émirien sont exonérés d'impôt sur le revenu à hauteur de 50 % (CGI, art. 155 B, II). Les Émirats n'imposant pas, à ce jour, les revenus des personnes physiques, aucun crédit d'impôt étranger ne vient compliquer le calcul : sous PFU, l'impôt sur le revenu de 12,8 % s'applique à la moitié des revenus, les prélèvements sociaux de 18,6 % à la totalité.
Décisions de structuration à prendre avant le retour :
Tous les comptes bancaires, comptes-titres et contrats d'assurance ou de capitalisation détenus aux EAU doivent être déclarés avec la première déclaration de revenus française (formulaires 3916/3916 bis ; CGI, art. 1649 A et 1649 AA). L'amende est de 1 500 € par compte non déclaré, et l'omission est en pratique incohérente avec le bénéfice revendiqué de l'exonération de 50 % — qui suppose précisément des avoirs à l'étranger. La transparence est ici la meilleure stratégie.
Pour ceux qui avaient quitté la France après 2011 avec des plus-values latentes placées sous le régime de l'exit tax (sursis sur option du V de l'article 167 bis, garanties, représentant fiscal), le retour en France constitue un événement favorable : pour les titres encore présents dans le patrimoine, l'impôt en sursis est dégrevé — ou restitué s'il avait été acquitté — et les garanties peuvent être levées (CGI, art. 167 bis, VII ; voir notre page dégrèvement).
Points de vigilance : déclarer l'événement (le retour) dans le suivi exit tax, solliciter la mainlevée des garanties, vérifier la cohérence des dates entre la fin de la résidence émirienne, la prise de fonctions française et le dossier 2074-ETS. Un retour mal documenté peut retarder le dégrèvement de plusieurs mois.
Le retour se négocie comme le départ : avant. Au-delà du salaire, les paramètres fiscaux du package sont :
| Échéance | Action |
|---|---|
| J-12 à J-6 mois | Audit d'éligibilité (5 ans, canal de recrutement) ; simulation du package ; revue du portefeuille EAU et du dossier exit tax |
| J-6 à J-3 mois | Négociation et signature du contrat/avenant avec clause de prime, depuis Dubaï ; choix de la date de prise de fonctions ; structuration du portefeuille (dépositaire, arbitrages) |
| J-3 mois à J | Organisation du déménagement et de la bascule de résidence ; clôtures ou maintiens de comptes documentés ; information de l'employeur (DSN, rémunération de référence) |
| J à J+6 mois | Prise de fonctions ; installation du foyer ; notification du retour dans le dossier exit tax et demande de mainlevée des garanties |
| Printemps N+1 | Première déclaration : options 155 B, 1AJ/1DY, 2047, 2074-IMP, 3916/3916 bis (voir la page déclarations) |
GEOTAX conseille depuis Dubaï les expatriés français des Émirats — à l'aller comme au retour. Audit d'éligibilité, structuration du package et du portefeuille, articulation exit tax : consultation en visioconférence, 2 000 AED (≈ 470 €), ou au cabinet à Dubaï, 2 500 AED (≈ 590 €).
Réserver une consultationRéférences à jour au 11 juin 2026. Toute application à une situation particulière requiert une analyse individualisée.
Textes
Doctrine administrative
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