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Dégrèvement de l'exit tax : conditions et procédure

Délais de conservation, conditions cumulatives, procédure de demande, dégrèvement automatique en cas de retour anticipé en France, articulation avec une cession ultérieure des titres.

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Le dégrèvement : objectif final du sursis

Le dégrèvement de l'exit tax est l'événement par lequel la créance fiscale s'éteint définitivement, sans qu'aucun versement ne soit dû par le contribuable. Le sursis n'est qu'un mécanisme intermédiaire : le dégrèvement en constitue la sortie naturelle, à condition qu'aucun événement de déchéance ne soit intervenu entretemps.

Délais : 2 ans ou 5 ans selon la valeur du portefeuille

Le VII de l'article 167 bis du CGI prévoit, pour les transferts intervenus depuis le 1er janvier 2019, deux durées différentes selon la valeur des titres détenus à la date du transfert :

Valeur du portefeuille au transfertDurée de conservationDégrèvement
≤ 2,57 M€2 ans à compter du transfertD'office (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux)
> 2,57 M€5 ans à compter du transfertD'office (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux)

La valeur retenue est la valeur globale des titres entrant dans le champ de l'exit tax au jour du transfert, telle qu'elle figure sur la 2074-ETD. Pour mémoire, le délai est de 15 ans pour les transferts intervenus de 2014 à 2018 et de 8 ans pour ceux intervenus de 2011 à 2013.

Conditions cumulatives du dégrèvement

Procédure de demande

  1. À l'expiration du délai (2 ou 5 ans), le contribuable remplit le cadre « expiration du délai » de la déclaration de suivi 2074-ETS3 déposée, avec les déclarations 2042 et 2042 C, au service des impôts des particuliers non-résidents l'année suivant l'événement.
  2. Le dossier comporte : justificatif de la conservation des titres, copie des avis d'imposition établis au titre de l'année du transfert, et, le cas échéant, attestation du représentant fiscal (V) et justificatifs de résidence fiscale à l'étranger.
  3. L'administration examine la demande et notifie sa décision au représentant fiscal (V) ou directement au contribuable (IV).
  4. En cas d'acceptation, l'exit tax est dégrevée et les garanties sont levées.
  5. En cas de refus partiel ou total, un recours hiérarchique puis contentieux est ouvert dans les délais légaux.

Cas particulier : retour en France avant l'expiration du délai

Si le contribuable transfère sa résidence fiscale en France avant l'expiration du délai de 2 ou 5 ans, et qu'il a conservé les titres, l'exit tax est automatiquement dégrevée, sans condition de durée minimale. Cette règle, prévue par le VII de l'article 167 bis du CGI, s'explique par le fait que le retour fait disparaître le fait générateur du transfert ; les reports d'imposition auxquels le transfert avait mis fin sont rétablis de plein droit.

La procédure dans cette hypothèse consiste à notifier à l'administration le retour en France, à mettre fin à la mission du représentant fiscal et à demander la levée des garanties.

Cas particulier : décès du contribuable

Le décès du contribuable expatrié entraîne le dégrèvement (ou la restitution si l'impôt avait été acquitté) de l'exit tax afférente aux plus-values latentes et aux créances de complément de prix, à la condition que les titres soient toujours présents dans le patrimoine du défunt à la date du décès (CGI, art. 167 bis, VII). Les héritiers ou ayants droit remplissent le cadre « décès du contribuable » de la déclaration de suivi (cadre 460 de la 2074-ETS3). Certaines plus-values placées en report sous d'anciens dispositifs deviennent en revanche exigibles au décès.

Articulation avec une cession ultérieure

Une cession effective des titres après le dégrèvement relève du régime de droit commun des plus-values mobilières dans l'État de résidence du contribuable au jour de la cession. Pour un résident émirien, l'absence d'IR personnel aux EAU rend la plus-value non imposable à Dubaï. La France ne peut, en principe, pas imposer cette plus-value, sous réserve des situations particulières (titres de sociétés à prépondérance immobilière française, ou participations substantielles relevant de l'article 244 bis B du CGI, sous réserve des stipulations conventionnelles, par exemple).

Stratégie patrimoniale

Le dégrèvement transforme l'exit tax d'une charge fiscale potentielle en une simple contrainte de conservation pendant 2 ou 5 ans. Pour un dirigeant cédant qui n'a pas l'intention de vendre rapidement, cette contrainte n'est pas pénalisante. Pour un dirigeant qui anticipe une cession prochaine (sortie d'investisseur, IPO, opération M&A), il peut être préférable de réaliser la cession avant le départ et de purger la plus-value sous le régime français, plutôt que de placer l'opération sous sursis.

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Sources officielles & jurisprudence

Références à jour à la date de dernière révision, citées à titre informatif. Toute application à une situation particulière requiert une analyse individualisée.

Textes

  • Article 167 bis du CGI (exit tax, transferts depuis le 3 mars 2011) ; article 238-0 A du CGI (liste ETNC) ; articles 91 undecies à 91 quaterdecies de l'annexe II au CGI.
  • Décret n° 2019-868 du 21 août 2019 (sursis sur option, proposition de garanties).

Doctrine administrative (BOFiP)

Jurisprudence

  • CE 15 décembre 2025, n° 495783 — le sursis suspend la prescription de l'action en recouvrement ; la carence déclarative ne rétablit l'exigibilité qu'après mise en demeure restée infructueuse.
  • CE 5 février 2025, n° 476399 — limites de la rétroactivité de l'exit tax au regard du droit de l'Union.
  • CJCE 11 mars 2004, de Lasteyrie du Saillant, C-9/02 ; CE 10 novembre 2004, n° 211341 ; CE 29 avril 2013, n° 357576 ; CE 20 mai 2022, n° 449038.
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