Expertises Exit tax (167 bis CGI) Résidence fiscale UAE Corporate Tax UAE Convention France-EAU Création de société Expatriation fiscale Régime des impatriés
Outils Note RH impatriation (PDF) Simulateur exit tax Test résidence UAE Checklist 12 mois (PDF) Comparateur free zones Test éligibilité impatriés
Insights Tous les articles Impôt universel (CF380) Exit tax 2026 Presse
Le cabinet À propos Consultation & honoraires Presse Contact
Prendre rendez-vous +971 55 659 4477

Conflit de double résidence : la clause de départage France-EAU

Lorsque la France et les Émirats considèrent simultanément un même contribuable comme leur résident, la convention bilatérale du 19 juillet 1989 organise la résolution du conflit par une grille à quatre étages successifs. Cette page décortique la mécanique et les pièges.

Silo Résidence Fiscale Vue d'ensemble Test éligibilité Critère 183 jours Critère 90 jours Foyer & intérêts TRC Conflit double résidence Faisceau d'indices Requalification française

L'origine du conflit

Le droit interne français retient des critères larges (article 4 B du CGI) : foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle non accessoire, centre des intérêts économiques. Le droit interne émirien (Cabinet Decision 85/2022) retient également des critères larges (183 jours, 90 jours + liens, foyer + intérêts). Pour un contribuable au profil mixte — patrimoine partagé, activités multiples, famille à cheval — il est fréquent que les deux États revendiquent simultanément la résidence fiscale.

La convention bilatérale règle ce conflit par sa clause de départage, prévue à l'article 4 § 2 de la convention du 19 juillet 1989, sur le modèle de l'article 4 § 2 du modèle OCDE.

La grille à quatre étages

L'analyse est séquentielle : les critères s'examinent successivement, dans l'ordre, et on ne passe à l'étage suivant que si le précédent ne tranche pas le conflit (CE, 29 octobre 2012, n° 346641).

Étage 1 — Foyer d'habitation permanent (art. 4, 2-a)

Lieu où la personne dispose d'un logement de manière durable et en tout temps — propriété, location ou simple mise à disposition (Comm. OCDE 2017, art. 4, n° 13). Si le contribuable n'a un tel foyer que dans un seul des deux États, c'est cet État qui est retenu. Si les deux États offrent un foyer permanent, on passe à l'étage 2.

Étage 2 — Centre des intérêts vitaux (art. 4, 2-a)

État avec lequel la personne entretient les liens personnels et économiques les plus étroits. L'analyse est globale et factuelle : famille, activité professionnelle principale, lieu de l'activité génératrice des revenus — y compris lorsque ceux-ci sont versés via une société établie ailleurs (CE, 26 septembre 2012, n° 346556) —, lieu d'administration du patrimoine, relations sociales. Il n'existe pas de hiérarchie entre liens personnels et liens économiques. Si le centre est clairement identifiable dans un État, c'est cet État qui est retenu ; sinon, étage 3.

Étage 3 — Séjour habituel (art. 4, 2-b)

État où la personne séjourne de façon habituelle, apprécié au regard de la fréquence, de la durée et de la régularité des séjours qui s'inscrivent dans le rythme de vie normal de la personne, sans qu'il soit nécessaire que la durée totale des séjours excède la moitié de l'année (CE, 16 juillet 2020, n° 436570). Si le séjour habituel se situe dans un seul État, c'est cet État qui est retenu ; sinon, étage 4.

Étage 4 — Nationalité (art. 4, 2-c) puis accord amiable (art. 4, 2-d)

Si la personne est ressortissante d'un seul des deux États, c'est cet État qui est retenu. Si elle est ressortissante des deux ou d'aucun, les autorités compétentes des deux États tranchent d'un commun accord, dans le cadre de la procédure amiable (conv., art. 21).

Le verrou conventionnel français (LF 2025)

Depuis la loi de finances pour 2025, l'article 4 B du CGI prévoit explicitement qu'un contribuable remplissant les critères internes français peut néanmoins être traité comme non-résident si une convention fiscale attribue la résidence à l'autre État. Cette précision codifie la primauté conventionnelle et facilite la défense des contribuables placés sous le régime conventionnel.

Cas pratique chiffré

Un dirigeant français a transféré sa résidence à Dubaï en juillet 2026. Sa femme et ses deux enfants sont restés en France pendant l'année scolaire 2026-2027. Il dispose d'un appartement loué à Dubaï (bail Ejari) et d'une résidence principale à Paris. Il dirige une société émirienne et perçoit l'essentiel de ses revenus aux EAU.

Conclusion : la résidence fiscale est attribuée aux EAU au titre de l'étage 3. Mais ce dossier reste contestable, et le contribuable devra soigner sa documentation.

Stratégie de sécurisation

Audit personnalisé avec Me Sémon

Une heure en visioconférence pour passer en revue votre situation, calibrer vos décisions et sécuriser votre projet. Tarif : 2 000 AED (≈ 470 €).

Réserver un audit

Références

  • Convention France-Émirats arabes unis du 19 juillet 1989, art. 4, 2 (décret n° 90-631 du 13 juillet 1990) — Légifrance
  • CGI, art. 4 B (modifié par la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 83) — Légifrance
  • CE, 29 octobre 2012, n° 346641 (examen successif des critères conventionnels)
  • CE, 16 juillet 2020, n° 436570 (appréciation du séjour habituel) — Légifrance
  • CE, 26 septembre 2012, n° 346556 (centre des intérêts vitaux, liens économiques)
  • BOI-INT-DG-20-10-10 (résident au sens conventionnel et domicile fiscal interne) — BOFiP
Audit Résidence Fiscale UAE — Réserver