Critère des 90 jours combiné aux liens qualifiants
Le critère des 90 jours de la Cabinet Decision No. 85 of 2022 (art. 4, 3) — le plus accessible pour les expatriés, mais aussi celui qui exige la documentation la plus rigoureuse en raison du cumul de conditions.
Architecture du critère
Le critère des 90 jours est cumulatif (Cabinet Decision No. 85 of 2022, art. 4, 3) : la présence physique de 90 jours sur 12 mois consécutifs ne suffit pas en elle-même. Elle doit être combinée à :
- Une qualité personnelle : être ressortissant des EAU, titulaire d'un permis de résidence émirien (Residence Permit) en cours de validité, ou ressortissant d'un État membre du Conseil de coopération du Golfe ;
- Au moins l'une des deux conditions qualifiantes suivantes : disposer d'un lieu de résidence permanent aux EAU (logement meublé à disposition continue, Ministerial Decision No. 27 of 2023, art. 5), ou y exercer un emploi ou une activité économique (Business) au sens de l'article 6 de la même décision.
Cette construction rend le critère accessible aux profils qui voyagent beaucoup mais maintiennent un ancrage tangible aux EAU : entrepreneurs, dirigeants, family offices, investisseurs. La présence d'une famille résidente (conjoint, enfants scolarisés) n'est pas une condition légale du critère, mais constitue un élément probatoire utile, notamment face au critère français du foyer (CGI, art. 4 B, 1-a).
Le visa résident comme prérequis
Plusieurs catégories de visas résidents permettent d'activer le critère :
| Visa | Durée | Conditions principales |
|---|---|---|
| Golden Visa immobilier | À confirmer selon la voie (DLD : 10 ans ; ICP : 5 ans au 29 août 2026) | Investissement immobilier ≥ AED 2 M ; conditions et durée à vérifier auprès des autorités. |
| Investor Visa | 2 à 3 ans | Création d'une société (Free Zone ou Mainland), investissement immobilier. |
| Employment Visa | 2 à 3 ans | Contrat de travail avec une entreprise UAE. |
| Freelance Permit | 2 ans | Permit délivré par certaines free zones (DMCC, IFZA, RAKEZ, etc.). |
| Retirement Visa | 5 ans | 55 ans+, propriété ≥ AED 1 M ou revenus mensuels minimum. |
Les conditions qualifiantes
Emploi ou activité économique aux EAU
Le contribuable doit pouvoir prouver une activité professionnelle effective sur le territoire émirien : contrat de travail avec un employeur constitué ou reconnu aux EAU, ou relation continue dont la rémunération du travail effectué aux EAU constitue l'essentiel des revenus (Ministerial Decision No. 27 of 2023, art. 6) — fiches de paie, licence commerciale, statuts d'une société émirienne dont il est actionnaire et dirigeant. Un rôle bénévole sans contrat ne constitue pas un emploi (même décision, art. 6, 3).
Lieu de résidence permanent
Logement meublé — maison, appartement, chambre ou toute autre forme d'habitation — mis à la disposition continue de la personne, avec un droit d'occupation régulier et stable ; la propriété n'est pas exigée, la location suffit (Ministerial Decision No. 27 of 2023, art. 5). Une occupation purement occasionnelle ou de courte durée (Airbnb, hôtel) ne satisfait pas cette condition.
Famille résidente : un appui probatoire, pas une condition légale
Le conjoint et les enfants disposant d'un visa résident et scolarisés aux EAU ne figurent pas parmi les conditions de l'article 4, 3 de la Cabinet Decision No. 85 of 2022. Leur présence n'en demeure pas moins déterminante face à la France : elle écarte le foyer français (CGI, art. 4 B, 1-a) et pèse sur le centre des intérêts vitaux conventionnel (conv. du 19 juillet 1989, art. 4, 2-a).
Le cumul de plusieurs éléments renforce la solidité de la position. Un dirigeant disposant à la fois d'un emploi dans sa propre société émirienne, d'un bail Ejari et d'enfants scolarisés à Dubaï dispose d'un dossier probatoire bien plus robuste qu'avec un seul de ces éléments.
Articulation avec le décompte des jours
Le décompte des 90 jours suit la même logique que celui des 183 jours : période glissante de 12 mois consécutifs, jours ou fractions de jour comptés sans exigence de continuité (Ministerial Decision No. 27 of 2023, art. 3), documentation probatoire intégrale. La différence tient uniquement au seuil.
Erreurs fréquentes
- Croire que le visa suffit, sans présence effective de 90 jours (faux : les conditions sont cumulatives).
- Présumer qu’une location de courte durée ou via une plateforme constitue un logement permanent : il faut établir une disponibilité continue et une occupation durable, au regard des faits et de MD 27/2023. Le nom de la plateforme ne décide pas à lui seul de la qualification.
- Conserver une présence inférieure à 90 jours en pensant que le visa résident suffit (faux).
- Sous-estimer la qualité du contrat de travail : un contrat sans rémunération réelle est facilement requalifié.
Audit personnalisé avec Me Sémon
Une heure en visioconférence pour passer en revue votre situation, calibrer vos décisions et sécuriser votre projet. Tarif : 2 000 AED (≈ 470 €).
Réserver un auditRéférences
- Cabinet Decision No. 85 of 2022, art. 4, 3 (critère des 90 jours) — tax.gov.ae (PDF)
- Ministerial Decision No. 27 of 2023, art. 3, 5 et 6 (décompte des jours, lieu de résidence permanent, emploi) — mof.gov.ae (PDF)
- CGI, art. 4 B — Légifrance
- Convention France-Émirats arabes unis du 19 juillet 1989, art. 4, 2 — Légifrance
Réponse essentielle
Présumer qu’une location de courte durée ou via une plateforme constitue un logement permanent : il faut établir une disponibilité continue et une occupation durable, au regard des faits et de MD 27/2023. Le nom de la plateforme ne décide pas à lui seul de la qualification.
Sources fiscales et date de revue
Revue fiscale : 5 septembre 2026. Le texte applicable et la période fiscale doivent être vérifiés pour chaque situation.