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Revenus locatifs d'un bien à Dubaï : déclaration en France

Un résident fiscal français doit déclarer ses loyers de Dubaï, même non imposés aux Émirats. Comment les déclarer, et pourquoi ils influent sur votre taux d'imposition.

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En bref — Revenus locatifs

Les loyers d'un bien situé à Dubaï sont imposables au lieu de situation de l'immeuble (convention France-EAU du 19 juillet 1989). Les Émirats n'imposant pas les personnes physiques, ils n'y subissent aucun impôt. Un résident fiscal de France doit néanmoins les déclarer (imprimé 2047 pour les revenus de source étrangère, puis report sur la déclaration de revenus) : la double imposition est éliminée par un crédit d'impôt égal à l'impôt français, mais ces loyers sont pris en compte pour le taux effectif applicable à vos autres revenus. Les modalités précises dépendent de votre situation.

Où sont imposés les loyers ?

La convention attribue l'imposition des revenus immobiliers à l'État de situation de l'immeuble. Un loyer perçu à Dubaï relève donc de la fiscalité émirienne — inexistante pour les personnes physiques. Mais cette absence d'impôt local ne dispense pas de vos obligations françaises si vous êtes résident de France.

Ce que doit faire le résident français

Zéro impôt local ne veut pas dire zéro obligation

L'absence d'impôt aux Émirats est parfois interprétée, à tort, comme une dispense de déclaration en France. L'omission de revenus fonciers de source étrangère et, le cas échéant, des comptes bancaires détenus à l'étranger (imprimé 3916) expose aux rappels et pénalités de droit commun.

L'effet sur votre taux d'imposition

Même neutralisés par le crédit d'impôt, les loyers de Dubaï sont intégrés au revenu global pour déterminer le taux effectif appliqué à vos revenus imposables en France. L'impact réel dépend de la composition de vos revenus et doit être chiffré au cas par cas. Le mécanisme conventionnel est détaillé sur la page convention France-EAU.

Sécuriser la déclaration de vos loyers de Dubaï

Régime applicable, crédit d'impôt, taux effectif, comptes étrangers : faites cadrer vos obligations déclaratives.

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Micro-foncier ou régime réel : le choix se calcule

En pratique, les loyers de Dubaï déclarés en France relèvent des règles de droit commun des revenus fonciers. Si l'ensemble de vos revenus fonciers bruts (France et étranger confondus) n'excède pas 15 000 € par an (seuil en vigueur en 2026), le régime micro-foncier s'applique de plein droit : un abattement forfaitaire de 30 % tient lieu de toutes charges. Au-delà — ou sur option — le régime réel permet de déduire les charges effectives : intérêts d'emprunt, frais de gestion locale, assurances, charges de copropriété (service charges), travaux d'entretien admis.

CritèreMicro-foncierRégime réel
SeuilRevenus fonciers bruts ≤ 15 000 €/anAu-delà, ou sur option (engageante)
ChargesAbattement forfaitaire de 30 %Charges réelles justifiées (intérêts, gestion, copropriété…)
Intéressant siBien peu chargé, sans empruntAcquisition financée à crédit, charges locales élevées
Formulaires2042 (report direct) + 20472044 + 2047 + report 2042

Un investissement à Dubaï financé à crédit avec des service charges significatives justifie souvent le régime réel ; l'option se pilote au vu des chiffres, pas par principe.

Cas chiffré : l'effet réel du taux effectif

Soit un couple résident de France, taux marginal de 41 %, percevant 120 000 AED de loyers annuels à Dubaï (environ 29 500 €) et disposant par ailleurs de 150 000 € de revenus imposables. Le mécanisme conventionnel se déroule en trois temps.

ÉtapeEffet
1. Imposition aux Émirats (art. 5)Aucun impôt sur le revenu émirien : 0 AED prélevé
2. Déclaration en France (2047 + 2044/2042)Les loyers entrent dans le revenu imposable du foyer
3. Crédit d'impôt égal à l'impôt français (art. 19 §1)L'impôt correspondant aux loyers est effacé ; reste l'effet de taux sur vos autres revenus

Autrement dit, les loyers émiriens ne supportent ni impôt émirien ni impôt français en principal, mais ils rehaussent le taux moyen applicable aux revenus français du foyer — ici, un surcoût de l'ordre de quelques centaines à quelques milliers d'euros selon la composition du revenu, et non de 41 % des loyers. Les prélèvements sociaux suivent le sort du crédit d'impôt dans les conditions prévues par la doctrine, point à sécuriser dans la déclaration.

Ce que Dubaï prélève (et ne prélève pas)

Côté émirien, il n'existe ni impôt sur le revenu locatif des particuliers ni taxe foncière récurrente au sens français. L'écosystème de coûts est ailleurs : enregistrement du bail (Ejari), frais municipaux adossés aux loyers et prélevés via les factures de services, charges de copropriété, et le cas échéant redevances de la communauté. Ces coûts ne sont pas des impôts sur le revenu au sens de la convention : ils n'ouvrent droit à aucun crédit en France, mais se déduisent au régime réel s'ils incombent au propriétaire.

Enfin, si le bien est détenu par une société plutôt qu'en direct, l'analyse change de terrain : revenus de la société, Corporate Tax UAE le cas échéant, et traitement français de l'entité interposée — voir la page structuration.

Questions fréquentes

Oui. Un résident fiscal de France déclare ses revenus de source étrangère, loyers de Dubaï compris, sur l'imprimé 2047 puis sur sa déclaration de revenus, même en l'absence d'impôt aux Émirats. La double imposition est éliminée par un crédit d'impôt, avec effet sur le taux effectif.
En application de la convention, la double imposition est éliminée par un crédit d'impôt égal à l'impôt français : la charge est en pratique neutralisée. Ces loyers restent toutefois pris en compte pour le taux effectif applicable à vos autres revenus. Le résultat exact dépend de votre situation.
Oui. Un résident fiscal de France doit déclarer les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l'étranger (imprimé 3916), indépendamment de la question des loyers. L'omission est sanctionnée.
Oui, impérativement. Le mécanisme du crédit d'impôt suppose que les loyers soient déclarés (2047, puis 2044 ou 2042 selon le régime) pour être neutralisés ensuite. Ne pas les déclarer n'est pas une « simplification » : c'est une omission déclarative, avec les pénalités afférentes, d'autant plus visible que le compte bancaire émirien doit lui-même être déclaré (formulaire 3916).
Au régime réel, oui, dans les conditions de droit commun : charges effectivement supportées par le propriétaire, justifiées et liées au bien loué (service charges, gestion locative, assurance, intérêts d'emprunt). Conservez les justificatifs émiriens et leur conversion en euros ; au micro-foncier, l'abattement de 30 % tient lieu de tout.
Pas nécessairement : en droit interne français, la location meublée relève par principe des BIC et non des revenus fonciers, avec des règles propres (micro-BIC, réel). L'articulation avec la convention reste inchangée sur le fond — imposition attribuée à l'État de situation et crédit d'impôt côté français — mais la catégorie de rattachement, les seuils et les obligations diffèrent : qualification à valider avant la mise en location.
Les loyers étrangers d'un résident fiscal français entrent en principe dans le champ des prélèvements sociaux, mais leur neutralisation suit le mécanisme conventionnel du crédit d'impôt dans les conditions précisées par la doctrine administrative. Le paramétrage de la déclaration (cases de la 2047 et report) conditionne le résultat : c'est un point de contrôle classique.

Sources officielles

Références à jour au 7 juillet 2026. Toute application à une situation particulière requiert une analyse individualisée.

  • Imprimé 2047 — déclaration des revenus encaissés à l'étranger.
  • BOI-INT-CVB-ARE — convention France-Émirats (imposition au lieu de situation, élimination par crédit d'impôt).
  • impots.gouv.fr — obligation de déclaration des comptes détenus à l'étranger (imprimé 3916).
  • Revenus fonciers : micro-foncier (seuil de 15 000 €, abattement de 30 %) et régime réel — service-public.fr.
  • Convention France-Émirats du 19 juillet 1989, art. 5 (revenus immobiliers) et 19 §1 (crédit égal à l'impôt français) — texte intégral (impots.gouv.fr).
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